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Jeudi 11 janvier. 13H30. J'avoue que je ne sais pas à quoi m'attendre. Je vais passer un après-midi avec une classe de première L. Pourquoi pas évidemment ? D'autant que je viens parler de mes livres "La mémoire en blanc", "Parir", "Bienvenue à Goma". D'habitude, au lycée, on lit Hugo, Zola, Maupassant, Camus, Malraux, Duras... mais pas Collombat. J'appréhende un peu. J'appréhende toujours les classes de lycée de l'enseignement général. Il y a parfois de jeunes gens qui ne comprennent pas ce que vous, auteur de littérature jeunesse, vous faîtes devant eux. Comme si vous n'étiez pas assez bien pour eux. Pas assez grands pour eux. Mais pas cet après-midi avec ces Premières L là. Une classe mini format. Neuf élèves. Huit filles, un garçon. 11012018-ST THOMASAu lycée Saint-Thomas d'Aquin d'Oullins, la section littéraire n'a pas la côte. Elle se réduit au fil du temps comme s'il fallait forcément pour réussir sa vie choisir les maths et les sciences. Heureusement, dans la réalité, ce n'est pas le cas. La prof de français le sait bien : elle a fait le tour de ses anciens élèves et leurs parcours ont de quoi surprendre. En tout cas, les huit lycéens que je rencontre, même s'ils ne savent pas tous ce qu'ils comptent faire plus tard, ont en commun une grande qualité : la curiosité. Je m'en suis tout de suite aperçue en parlant avec eux. Richesse de notre échange, qualité des questions, fraîcheur du regard. Je les étonne un peu en osant parler de ce que je ne réussis pas toujours, ce qui échoue vraiment et qui reste parfois une blessure, un truc dur à avaler. Je les questionne aussi l'air de rien. Ils me font des confidences en passant et je retiens ça comme des trésors. Petits cailloux que je conserve à l'intérieur. Petits cailloux qui m'encouragent. Jespère qu'en retour, j'étais capable de partager avec eux expériences, enthousiasmes, espoirs.

16H30. L'après-midi a filé. Dans la rue, les pas sont légers. Pour un peu, je m'envolerais.