20180217_131351Aller-retour Lyon-Stuttgart en fin de semaine dernière. Régulièrement, je fais ce voyage entre la France et l'Allemagne pour rencontrer les rédacteurs de la maison d'édition Klett Verlag avec qui je collabore depuis plusieurs années maintenant.

20180217_131939Je participe à des équipes franco-allemandes qui conçoivent, rédigent, fabriquent des manuels scolaires d'apprentissage du français. J'écris aussi pour cet éditeur de courts romans ou des BD destinés aux jeunes qui apprennent le français ( cf. mon site Internet).

Génération Pro

CI

En ce moment, je travaille en particulier sur deux livres : Cours intensif, destiné principalement aux lycéens qui ont choisi le français en troisième langue et Génération Pro, un manuel pour les jeunes qui ont choisi des fillières professionnelles. 

Ce regard sur le monde de l'enseignement outre-rhin est pour moi très important. J'apprends beaucoup en écoutant les profs allemands essayer de trouver la meilleure façon de transmettre leur amour du français. De plus, on ne fait pas cours de la même façon en France et en Allemagne. Les élèves allemands sont beaucoup plus libres en classe, parfois un peu trop pour nous Français. L'avantage, c'est que les jeunes Allemands ont très tôt l'habitude de s'exprimer notamment à l'oral. Quand j'écoute les profs allemands, j'ai l'impression qu'ils mettent vraiment l'accent sur la réussite de leurs élèves et que toutes les matières ont leur place dans la scolarité de leurs élèves. Les maths et les matières scientifiques ne sont pas les plus importantes... et on n'a pas en Allemagne de générations d'élèves qui se sentent nuls comme en France.

Et pourtant, samedi, en lisant le journal Die Welt, je retrouve des préoccupations communes à nos deux pays. L'auteur d'une chronique intitulée "Vergötzung der Bildung" (littéralement Idôlatrie de la formation), un enseignant berlinois, fait remarquer que dans la bouche des hommes politiques allemands, la formation semble souvent être la réponse à tous les maux et notamment à tous les problèmes économiques et sociaux du pays. Or, pour ce prof, les enseignants ne sont pas là pour résoudre tous les problèmes de la société. On devrait, au contraire, leur permettre de se reconcentrer sur ce qu'est au fond le coeur de leur métier : la formation de la pensée et de l'esprit.

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Avant de tomber sur cette chronique, c'est le sujet de une du quotidien allemand qui a attiré mon attention la libération du correspondant de die Welt en Turquie après plus d'un an de détention, accueilli à sa sortie de prison par sa femme avec un bouquet de persil. 20180217_072759Die Welt consacre à l'événement plusieurs pages et rappelle que de nombreux journalistes ont été incarcérés depuis le coup d'Etat manqué contre le président Erdogan en juillet 2016. Du reste, le journal souligne qu'au moment même où, vendredi, son correspondant était libéré, d'autres journalistes étaient emprisonnés.