J'ai enfin trouvé le temps aujourd'hui de lire les textes terminés des élèves de 6ème du collège Jean Rostand à Arbent, près d'Oyonnax. Neuf histoires écrites au fil de l'atelier d'écriture que j'ai animé de janvier à avril dernier dans le cadre de ma résidence d'écrivain. Neuf histoires que j'aime beaucoup. Leurs auteurs sont neuf élèves qui, arrivés récemment en France, essaient de se débrouiller, tant bien que mal, avec le français, langue seconde comme on dit désormais au collège. Avec eux, je n'ai pas fait qu'écrire, nous avons aussi beaucoup parlé et ri, réfléchi. Parfois, il a fallu les stopper. C'est eux qui ont choisi le thème de leurs histoires "La rencontre".

20180403_140905

20180403_141144

20180403_132135

Au mois d'avril, ils ont engregistré leurs textes grâce à la radio locale, PFM. Bientôt, il n'y aura pas que leurs voix qu'ils pourront écouter pour se souvenir. Il y aura aussi un livre relié. D'où la nécessité de lire, corriger, mettre en page. C'est une partie du travail qui me plaît également même s'il m'arrive d'avoir du mal à m'y mettre. Toujours une bonne raison de repousser le moment.

Mais, aujourd'hui était parfait. Et, en les lisant, je me suis retrouvée avec eux. Le mardi ou le jeudi, j'ai aimé passé la porte du CDI, retrouver Anne-Sophie et Julie, leurs professeurs souriantes, toujours prêtes à déplacer des montagnes. J'arrivais avec Isabelle ou Lydie qui travaillent à la médiathèque d'Oyonnax et je ressentais à chaque fois, une petite appréhension fichée sous les côtes. Est-ce que j'arriverais à les emmener avec moi, à les faire avancer, à les faire progresser ? Leurs regards curieux, respectueux, attentifs, grand ouverts me rassuraient aussitôt. Peu à peu, ils se sont mis à changer. L'écriture a ce pouvoir là de temps en temps. Ils se sont ouverts, dévoilés, étonnés eux-mêmes de leur transformation, surpris finalement de se découvrir tels qu'ils sont réellement.

Au début du livre, ils ont écrit chacun une phrase qui résume cette expérience qu'a été l'atelier pour eux. Chacun de leurs mots me touches. Ceux de Najwa, 11 ans, ont une grâce toute particulière : « J’ai découvert qu’écrire une histoire c’est une chose trop belle »

Et maintenant me voilà plus que jamais impatiente d'avoir leur livre dans les mains.

IMG_5366