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Hier, le Premier ministre a appelé à la responsabilité.

Cela fait un moment que j’y pense.

Cela fait un moment que cela me préoccupe.

Je passe mon temps à écrire des histoires et, à travers elles, à proposer ma vision du monde, mon regard sur ce qui m’entoure.

J’écris des livres qui m’amènent régulièrement à rencontrer des enfants et des adolescents dans des écoles, des collèges, des lycées partout en France.

Je leur parle de la famille et des sentiments, de l’engagement et de la politique, de l’environnement et de ceux qui se battent partout sur la planète pour défendre leur environnement, de justice et du droit des enfants à devenir ce qu’ils sont vraiment au fond d’eux.

Je me demande souvent :

Où est ma place ? Quel est mon rôle ?

Aujourd’hui, autant l’écrire tout de suite, je sais que je suis du côté des gilets jaunes.

N’en déplaise au Premier ministre qui se veut menaçant quand il clame :

"Tous les acteurs du débat public, responsables politiques, responsables syndicaux, éditorialistes et citoyens, seront comptables de leurs déclarations dans les jours qui viennent"

Il est justement de ma responsabilité de l’écrire clairement.

Et de choisir mon camp.

Celui des gens à qui on impose depuis des décennies une politique économique d’une extrême violence.

Celui des gens à qui on fait croire qu’il n’y a pas d’autre monde possible.

Celui des gens qu’on accuse d’être contre l’Europe quand ils sont seulement contre cette Europe-là.

Celui des gens à qui la réalité interdit de penser que leurs enfants vivront mieux qu’eux.

Celui des gens qui subissent le sabotage de l’Etat-providence et des services publics.

Celui des gens qui s’investissent bénévolement dans les associations et dans les écoles pour rendre la vie moins dure à supporter.

Celui des gens qui sont les premières victimes de la pollution, de la dégradation de la qualité des sols, de l’air, de l’eau, des océans, de la nature toute entière et à qui on voudrait faire payer le prix du saccage écologique.

Or, on ne peut pas engager de véritable politique de protection de l’environnement sans changer la politique économique.

D’ailleurs, partout où on le nie, ce sont les régimes autoritaires qui gagnent du terrain. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le Brésil. Bientôt, avec le nouveau président, défendre l’Amazonie sera considéré comme une activité terroriste. 

Le Brésil, c’est le pays où, dans les années 80, Chico Mendes, ouvrier du caoutchouc devenu défenseur de l’Amazonie, sur lequel j’ai écrit un livre, avait compris que le combat contre la déforestation, c’était avant tout un combat pour l’Humanité. Il a été assassiné il y a quasiment trente ans jour pour jour, la veille de Noël. 

Aujourd’hui, partout dans le monde, le combat pour l’environnement est celui de gens ordinaires qui risquent leur peau face au pouvoir des multinationales et des pays corrompus.

 

Je suis du côté des gilets jaunes parce que je suis du côté de la vie.

De ceux qui veulent un avenir pour leurs enfants.

De ceux qui croient encore à la devise de la République : liberté, égalité, fraternité.