Et si "Bienvenue à Goma" devenait un film ?
Lundi, je reprends à nouveau la route. Direction Paris. Jusqu'au mois de novembre, je suis une formation
"Adapatation de romans" pour le cinéma à la Fémis, la grande école de cinéma française. Une initiative formidable de la Charte des Auteurs et illustrateurs Jeunesse. Cette formation prendra fin le jour de mon anniversaire. J'y vois un signe. Avec le temps, je deviens superstitieuse. Est-ce cela vieillir ? La semaine dernière quand je suis arrivée à Turin, je devais descendre métro Nizza. Cela m'a rendue heureuse. Nizza (Nice en italien) est la ville où j'ai passé mes années d'enfance. J'ai pensé : à Turin, je vais revenir à l'origine et j'ai trouvé cela émouvant, beau. C'est d'ailleurs exactement ce qui s'est passé.
Donc, lundi, je suis à Paris. Nous sommes sept écrivains. Nous travaillons sur l'adaptation d'une nouvelle de Thomas Hardy et surtout sur l'un de nos romans. "Bienvenue à Goma" publié au Rouergue (Prix Amerigo Vespucci Jeunesse en 2008) s'est imposé pour moi comme une évidence. Et si ce roman devenait un film ? Ce serait autre chose, bien sûr, pas du copier-coller et c'est ce qui me plaît, créer dans un autre langage, avec des outils différents. Pour moi, écrire pour le cinéma, c'est comme écrire dans une autre langue.
Voici la lettre de motivation que j'ai envoyée à la Fémis quand j'ai décidé de poser ma candidature :
La voix de Michel Bouquet sur les images d’archives du film d’Alain Resnais, « Nuit et brouillard ».
Le mouchoir que Julien (Philippe Noiret) s’enfonce dans la gorge pour ne pas crier dans « Le vieux Fusil » de Robert Enrico.
Les bras grand ouverts de Willie (Hanna Schygulla) qui salue le public sous des brassées de fleurs dans « Lili Marleen » de Rainer Werner Fassbinder.
La photo de Marianne (Barbara Sukowa) que déchire son fils dans « Les années de plomb » de Margarethe von Trotta.
Les rotatives du petit journal de province qui permettent à Paul (Patrick Dewaere) de publier son enquête dans « Mille milliards de dollars » de Henri Verneuil.
Le grondement inquiétant des hélicoptères tournoyant dans le ciel de Phnom Penh dans « La déchirure » de Roland Joffé.
Toutes ces images sont ancrées en moi. Elles appartiennent à des films qui ont, avec d’autres, influencé mes choix, alimenté mes réflexions, construit mes représentations du monde, corrigé mon regard sur les autres, sculpté ce que je suis et peut-être changé le cours de mon existence.
J’ai réellement découvert le cinéma au collège et j’ai constaté que les films nourrissaient autant que les livres. Grande lectrice, je suis devenue une spectatrice attentive, gourmande, priant les adultes qui m’entouraient de m’emmener au cinéma.
J’ai commencé à m’intéresser à l’écriture des films bien plus tard en découvrant le cinéma de Krystof Kieślowski, Stanley Kubrick, Lars von Trier, Pedro Almodovar, Ken Loach, Wong Kar-Waï, Takeshi Kitano, Robert Guédiguian. J’ai eu envie de savoir comment ces réalisateurs fabriquaient leurs films en lisant les scénarios qui servaient de base à leur travail. Un jour, j’ai eu envie de me tester et d’écrire un scénario moi-même.
En 2000, j’ai présenté mon travail dans le cadre d’un stage de réécriture d’un long métrage. Ce stage de plusieurs mois a abouti à un nouveau scénario. Il m’a aussi permis de découvrir d’autres cinéastes : Frederico Fellini, Pier Paolo Pasolini, Sergio Leone, Elia Kazan, Billy Wilder, Franck Capra, Claude Sautet.
Je pense qu’à cette époque je n’avais sans doute pas encore assez confiance en mes capacités d’écriture pour approfondir mon travail dans cette voie. Cependant, je n’ai pas cessé de m’intéresser au cinéma. En 2004, je suis devenue membre de la sous-commission de classification des films du CNC. Chaque semaine, je visionnais toutes sortes de films et devais échanger avec les membres de la sous-commision pour émettre un avis commun de classification. Un film, en particulier, reste, pour moi, attaché à cette expérience : « De guerre lasse », documentaire de Laurent Bécue-Renard qui suit des femmes bosniaques rescapées de guerre suivies en thérapie. Ce film m’a profondément marquée par sa sobriété et sa profonde humanité.
Je suis, en effet, sensible à ce que dit le cinéma sur notre époque, à la manière dont il éclaire le présent, à rebrousse-poil, et fait entendre sa voix singulière, parfois discordante sur notre histoire récente. Le cinéma a souvent contribué à faire avancer la réflexion, le débat sur des faits de société ou des événements de notre histoire. Le film « Nos meilleures années » de Marco Tullio Giordana en est un exemple. Il traverse l’histoire de l’Italie en racontant le parcours de deux frères des années 60 jusqu’à nos jours.
Mon livre « Bienvenue à Goma » évoque un chapitre de notre histoire récente, le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Il y aura bientôt vingt ans, cet événement n’a pas seulement concerné un minuscule Etat africain. Il a aussi impliqué les Nations unies, les Etats-Unis, le Canada, la Belgique et surtout la France dont le rôle est contesté.
Quelques films de fiction ont déjà été réalisés sur ce génocide : Hôtel Rwanda de Terry George (2004), Quelques jours en avril de Raoul Peck (2005), Shooting Dogs de Michael Caton-Jones (2005), Un dimanche à Kigali de Robert Favreau (2006), Opération Turquoise d’Alain Tasma (2007), J’ai serré la main du diable de Roger Spottiswoode (2007), le Jour où Dieu est parti en voyage de Philippe Van Leeuw (2009), Lignes de front de Jean-Christophe Klotz (2010). Tous évoquent le génocide, son déclenchement ou les 100 jours qui ont abouti à la mort de près d’un million de personnes. Aucun n’évoque les faits auxquels est confrontée Elsa, le personnage principal de « Bienvenue à Goma » et que j’ai moi-même vécus en 1994 : la période qui suit le génocide.
Apprentie journaliste, Elsa vit d’abord ce qui se passe au Rwanda à distance, depuis Paris, en recueillant des témoignages téléphoniques. Puis elle se démène pour rejoindre la ville où ont afflué tous les reporters du monde entier : Goma. A la frontière du Rwanda, cette ville zaïroise subit, à l’issue du génocide, l’arrivée massive de Rwandais (environ un million en quelques jours). Dans la foule des réfugiés, se trouvent les bourreaux, leurs familles ainsi que leurs victimes et des milliers d’enfants sans parents ni famille.
Raconter l’été 1994 à Goma à travers le regard d’Elsa, c’est raconter le génocide en partant de l’après, de manière indirecte, par ricochet et par l’intermédiaire d’un personnage qui ne connaît rien à une situation infiniment complexe et extrêmement violente. Peu à peu, en suivant les pas d’Elsa, cette réalité devient plus compréhensible et moins lointaine.
« Bienvenue à Goma » s’inspire de ma propre expérience de journaliste débutante. Ces quelques semaines passées au Zaïre en 1994 ont sans doute marqué mon existence plus que je ne l’avais d’abord imaginé. J’ai choisi de raconter dans mon roman l’impact d’un événement historique sur le destin d’un individu. Je montre comment le personnage d’Elsa, une jeune fille de 18 ans, est amenée par cet événement à changer et à faire des choix pour sa vie. Elsa finira par renoncer à la photographie pour devenir avocate.
L’histoire d’Elsa propose donc un certain regard sur le métier de journaliste. Elle rend hommage aux curieux, aux courageux qui refusent de courir avec la meute et qui risquent parfois leur vie pour connaître la vérité. Ce n’est pas un hasard si j’évoque « La Déchirure », le film de Joffé au début de mon livre.
Après la parution de « Bienvenue à Goma », je pensais avoir, avec ce livre, tiré un trait sur un chapitre de ma vie. J’ai vite réalisé que je n’en avais pas fini avec cette histoire. J’ai, en effet, reçu un prix et rencontré beaucoup de lecteurs adolescents et adultes. Leur lecture de mon roman, leur intérêt pour ce livre m’ont amenée à poursuivre ma réflexion, à la fois, sur le génocide de 1994, sur mon texte, sur les formes que mon écriture pouvait prendre et sur le public à qui je destinais cette histoire. La plupart des lecteurs de « Bienvenue à Goma » ne connaissaient rien de cette histoire. Les plus jeunes, collégiens ou lycéens, n’étaient même pas nés en 1994. Les plus âgés avaient gardé en mémoire des images vues à la télévision, mais sans pouvoir leur donner un sens.
Je me suis ainsi interrogée sur un prolongement à donner à ce roman. Porter l’histoire d’Elsa au cinéma, art populaire par excellence, contribuerait, pour moi, à faire connaître un chapitre de notre histoire encore mal connu du grand public. Il me semble que ce travail s’inscrirait avec cohérence dans ma démarche : raconter le monde qui bouge et le rendre accessible au plus grand nombre.
A story about Love. Love, etc.
Chico Mendes traduit en allemand
C'est un oubli !

J'ai appris la nouvelle il y a quelques semaines par une lettre :
"Chico Mendes : non à la déforestation" que j'ai écrit dans la collection "Ceux qui ont dit non" chez Actes Sud Junior va être traduit cette année en allemand pour une publication outre-rhin en 2013 !
J'en suis très heureuse.
Et pourquoi pas aussi en brésilien, en espagnol, en anglais.... ?
Migrant Stories in Turin, Italy
Je rentre d'Italie et je me sens toute neuve.
Est-ce parce que notre pays semble tout neuf lui aussi avec son nouveau président,
J'ai vécu à Turin une fabuleuse expérience non seulement en tant qu'écrivain mais aussi en tant qu'être humain. Pendant une semaine, j'ai participé à un atelier d'écriture sur le thème "My migrant story".
J'ai longtemps hésité avant de poser ma candidature. D'abord, la langue officielle de cet atelier était l'anglais. C'est peu dire que je maîtrise mal cette langue qui me complexe depuis le collège. De plus, comment trouver les mots dans une langue qui n'est pas la sienne quand, déjà dans sa propre langue, l'exercice n'est pas simple ? Ensuite, je n'ai jamais été attirée par les ateliers d'écriture. Pour moi, écrire est une activité essentiellement
solitaire.
Néanmoins, le thème de cet atelier a balayé toutes mes hésitations. Je suis très sensible aux histoires de migration. Pour moi, le déplacement, le voyage définissent ce qu'est l'humanité. Ensuite, j'ai aussi mes propres
histoires de migration. Pour cet atelier, j'avais choisi d'écrire un texte évoquant l'histoire de ma grand-mère polonaise.
En réalité, cet atelier financé par l'Europe a dépassé toutes mes espérances. D'abord, j'ai beaucoup appris sur les façons de raconter des histoires. J'ai beaucoup aimé nos "professeurs" de la Scuola Holden". Styles différents, ouverture indéniable, compétences. Ce qui me plaît surtout énormément, c'est d'avoir rencontré de belles personnes, des individus aux propos généreux, polistifs, très désireux de partager leurs expériences, leurs connaissances. Ensuite, cet atelier m'a permis d'écouter les histoires des autres participants, vingt personnes venues des Etats-Unis,
d'Argentine, de Roumanie, de Russie, d'Espagne, d'Angleterre, de Turquie, etc. Toutes
m'ont tellement fascinée, émue, touchée que je voudrais pouvoir les raconter toutes.
Je pense qu'il y aura, dans ma vie d'écrivain,
un avant et un après Turin.
Non e bella la vita ?
En cavale, demain en librairie !
Voici la dernière bande-annonce pour "En cavale"
En cavale - Isabelle Collombat
En Cavale : J moins 7
L'attrape-lecteur du jour pour "En cavale", mon dernier roman qui paraît le 2 mai prochain.
En Cavale - Isabelle Collombat - Editions Thierry Magnier
En Cavale - Editions Thierry Magnier
Ralentir la course...
L'an dernier à la même époque, j'étais toujours en vadrouille, passant d'un groupe de lecteur à l'autre. Pendant six mois, je n'ai fait que ça : parler de mon roman "Quand mon frère reviendra" dans toute la France, mais aussi en Autriche et en Irlande. J'ai raconté la plupart de mes rencontres sur ce blog.
En ce moment, je ne voyage pas trop. Encore que dans deux semaines, je suis en Italie, à Turin où je participerai à un atelier d'écriture international. Et dans un mois, je serai à Paris où je suis depuis le début du mois une formation d'initiation d'écriture de scénario et d'adaptation littéraire. Cette formation se déroule à la Fémis, la prestigieuse école de cinéma.
Cette formation initiée il y a un an par la Charte des auteurs jeunesse, est, cette année, également ouverte à des auteurs de la Société des Gens de Lettres. Nous sommes sept à avoir été sélectionnés pour cette expérience exceptionnelle et j'en suis ravie.
Bref, je ne bouge pas vraiment de mon bureau et je ne manque malgré tout de temps pour écrire comme je le voudrais. Je ne suis pas la seule dans ce cas. Tout le monde manque de temps. A croire que nos vies ont rétréci au fil des années, des époques. Nous sommes toujours pressés, toujours en manque de minutes supplémentaires. Bref, je cours alors qu'il faudrait ralentir. Ecrire, c'est justement cela, prendre le temps, laisser passer le temps. Et en même temps, c'est être aussi dans la vie, en mouvement.
Cette histoire du temps qui file est au coeur de mon nouveau roman En cavale qui sort la semaine
prochaine aux éditions Thierry Magnier dans la collection "le feuilleton des Incos". L'histoire d'une grand-mère et de ses petits-enfants qui souffrent d'être séparés. Je suis particulièrement heureuse de la sortie de ce livre dont j'ai envoyé chaque chapitre l'un après l'autre à une douzaine de classes de CM2 et de 6ème. A chaque fois, j'avais le coeur battant, je me demandais : comment vont-ils réagir ? Que vont-ils en penser ? L'aventure a duré six semaines grâce au Prix des Incorruptibles et un livre est né sous le regard de tous ces jeunes lecteurs. A la fin, je me suis sentie terriblement triste de les quitter.
Voici le début de l'histoire :
“ Sous les yeux de Solène, la mer est un lustre à pampilles géant. La moindre vaguelette renvoie un spectre de lumière phénoménal. Au-delà, l’air est mauve et le sable d’un gris bleuté. De larges traînées framboise zèbrent le ciel. Le soleil ne sera bientôt qu’incandescence au-dessus de la mer. Quelques échassiers, aigrettes, ibis, hérons, semblent jouer à chat perché sur les bouées, les rochers.
Solène se délecte du spectacle. Elle voudrait se remplir de toute cette beauté et la garder en elle éternellement.
Quand, hier soir, emmitouflée dans son sac de couchage, Dettie lui a proposé de régler le réveil sur cinq heures du matin, simplement pour regarder le soleil se lever, Solène a applaudi en donnant un coup de coude complice à Gabriel. Mais son petit frère dormait déjà.
Solène adore les idées bizarres de sa grand-mère. S’il avait été là, le père de Solène, allergique par principe aux initiatives de Dettie, sa mère, aurait sans doute lâché :
– Il faut toujours qu’elle fasse son intéressante !
Solène ne comprend pas l’attitude de son père. Elle a la conviction qu’il déteste Dettie et que cette haine l’aveugle. Dettie ne fait pas son intéressante. Dettie rend la vie plus intéressante.
Voilà toute la différence !
De toute manière, pour le moment, le père de Solène est loin. Il n’a pas son mot à dire. Il ne sait même pas où ils se trouvent. "
Sur France Info avec Emmanuel Davidenkoff
Baptême radiophonique ce matin.
J'étais invitée par Emmanuel Davidenkoff sur France Info à parler de Janusz Korczak.
Une première pour moi. A écouter ici
Janusz Korczak : J -3
Mon dernier livre "Janusz Korczak : "Non au mépris de l'enfance"" est un tout petit livre. Ce livre qui contient un roman historique et un documentaire est consacré à l'enfance et, en particulier, à l'un de ses plus grands défenseurs: Janusz Korczak, un médecin-écrivain Polonais, né à la fin du 19ème siècle et mort en 1942 à Treblinka. Il est publié par Actes Sud Junior dans la collection "Ceux qui ont dit non" (comme l'était déjà mon précédent livre : Chico Mendes : "non à la déforestation").
Ce tout petit livre m'a demandé beaucoup de travail. D'abord, parce que lorsque j'ai proposé le nom de Janusz Korczak à Murielle Szac, la directrice de collection de "Ceux qui ont dit non", je ne savais presque rien de lui. Korczak est un personnage assez méconnu en France. Avant de commencer à écrire, j'ai donc d'abord passé beaucoup de temps à me documenter, à lire les livres, à consulter les documents sur Internet. Comme Janusz était un écrivain, j'ai lu aussi tous les ouvrages disponibles en français. J'ai vu le film que lui a consacré Andrzej Wajda. Je suis aussi allée à Varsovie.
Ensuite, j'ai dû imaginer une histoire courte pour évoquer la vie et l'oeuvre d'un homme terriblement denses. Une histoire qui
part d'aujourd'hui pour raconter cet homme mort il y a soixante-dix ans cette année. Car, contrairement à son classement dans les librairies, sur internet ou dans les bibliothèques, "Janusz Korczak : "Non au mépris de l'enfance"" est d'abord un ROMAN. La partie documentaire existe, mais elle ne constitue pas l'essentiel de ce livre.
Tout cela a exigé du travail, de la concentration et beaucoup d'énergie.
Je dois dire que la fréquentation de l'oeuvre de Korczak m'a beaucoup remuée, m'a changée certainement aussi. J'espère que mon livre amènera ses lecteurs à vouloir en savoir plus sur cet homme extraordinaire. Le livre paraît dans une collection pour ados. Mais j'espère que les adultes auront la curiosité de le parcourir et qu'il sera l'occasion, pour eux, de s'interroger sur leurs rapports aux enfants. Pour Korczak, changer le monde n'était possible qu'à partir du moment où on commençait par changer la condition des enfants.
(Photo : Au cimetière juif de Varsovie - visite au monument consacré à Janusz Korczak - collombat©)
La "République des enfants" de Janusz Korczak
C’est l’histoire du fils d’un fou, né dans une famille bourgeoise et juive de Varsovie à la fin du XIXème siècle. Écrivain à succès, Janusz Korczak renonce à une carrière de pédiatre à l’hôpital pour s’occuper des enfants des rues et crée, en 1912, une « République des enfants » en guise d’orphelinat.
Janusz conçoit une maison où les enfants citoyens décident avec les adultes des lois qui règlent leur vie. Un endroit unique où les 7-14 ans élisent leur parlement et portent les conflits qui les opposent à d’autres enfants ou aux adultes devant un tribunal où les juges sont des enfants.
Quelques années plus tard, Janusz Korczak invente « La petite revue », un journal fait par les enfants et pour les enfants qui aura jusqu’à 3000 correspondants dans toute la Pologne.
Pendant trente ans, le médecin-écrivain défend l’idée que les enfants ont des droits.
Pour lui, seule la loi peut protéger les enfants de la toute puissance des adultes.
A ses yeux, le combat pour le respect des enfants est comparable à celui des femmes pour leur émancipation.
Il l’écrit dans les livres, le dit dans les tribunaux où il défend les jeunes délinquants, l’assène à la radio où ses « causeries » sont très écoutées.
Quand ils croisent sa route, la rencontre avec Janusz Korczak marque l’existence de la plupart des enfants d’une manière indélébile.
Ce qui est remarquable dans la vie de Janusz Korczak, c’est la très grande cohérence entre ses idées et ses actes. L’homme n’est pas un théoricien de l’enfance ou de la pédagogie, mais un être qui agit, qui traduit toujours ses pensées en actes, même dans les heures les plus noires. Lorsque les Nazis décident d’enfermer les enfants dans le ghetto de Varsovie puis de les envoyer à Treblinka, Janusz ne les quitte pas, tentant jusqu’au bout de les protéger.
Des années plus tard, en 1989, quand les Nations Unies décident d’élaborer une convention internationale des Droits de l’enfant, ses rédacteurs s’appuient sur le travail de Janusz Korczak, dont le regard semble aujourd’hui encore en avance sur notre époque.
(Photo Varsovie, cimetière juif. Monument dédié à Janusz Korczak et aux enfants en route vers Treblinka - Collombat©)
Mon premier exemplaire de Janusz
Reçu dans ma boîte aux lettres juste à mon retour d'Allemagne le premier exemplaire de mon livre Janusz Korczak : "non au mépris de l'enfance" qui sort le 7 mars chez Actes Sud Junior dans la collection Ceux qui ont dit non. Je le trouve beau, beau, beau.
Retour d'Allemagne avec mon petit dernier
Je reviens d'Hanovre, au Nord de l'Allemagne, où je suis allée présenter mon petit dernier sorti en début de semaine chez Klett Verlag, SOS, les 4èmesF disparaissent.

C'est une BD dont je suis la scénariste (mon nom en Allemagne est Isabelle Darras) et dont Yuio, un Belge, est le dessinateur. Cet album est destiné aux jeunes Allemands qui apprennent le français et il est le
troisième d'une série qui comptera au total quatre albums.
Je prends beaucoup de plaisir à ce travail franco-belgo-allemand. Petit aperçu de ma collaboration avec Yuio dans la vidéo que publie Heiner Wittmann sur son blog.
Deux des BD que nous avons réalisées avec
Yuio sont publiées en France par les éditions Maison des Langues.

Le 7 mars en librairie
JANUSZ KORCZAK : "Non au mépris de l'enfance" (Actes Sud Junior)
2012













