Zou ! Le blog d'isabelle Collombat

lundi 12 avril 2021

Bestioles

775x517_fi_bestioles_site_hippocampe_1800x1200Très heureuse d'être l'une des autrices et auteurs de "Bestioles", le nouveau podcast de France Inter pour les 5-7 ans en partenariat avec le Museum national d'Histoire naturelle !

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La nature, la biodiversité, le combat pour l'environnement sont des sujets qui me tiennent à coeur. Je leur ai consacré plusieurs de mes livres comme "Des héros pour la terre", "Chico Mendes : "Non à la déforestation" et "Rachel Carson : "Non à la destruction de la nature" qui parait dans un mois. Trois livres publiés par les éditions Actes Sud Junior.

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mardi 6 avril 2021

Génocide des Tutsi au Rwanda : Fiction et réalité

Comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, la date du 6 avril reste, pour moi, une date indélébile. Ce jour-là marque le début du génocide des Tutsi qui, en 1994, au Rwanda, fait près d’un million de morts. En trois mois, la violence qui se déchaîne partout dans chaque quartier, chaque rue, chaque village, chaque ville est inouïe. Les extrémistes hutus au pouvoir ont décidé d’anéantir la population tutsie et de massacrer les hutus modérés. On dit de ce génocide qu’il est un génocide de proximité parce que, contrairement à ce qui s’est passé en Europe pendant la deuxième Guerre Mondiale, les tueurs ne sont pas seulement des soldats, des fonctionnaires et des employés recrutés pour tuer. Toute la population est sommée de partir « à la chasse au tutsi ». Le tutsi qualifié de cafard, de moins que rien, qu’on écrase comme un insecte nuisible.

Le génocide des Tutsi au Rwanda n’est pas qu’un chapitre d’une histoire lointaine. Il appartient aussi à notre histoire, nous les Français. En effet, en 1994, quand les tueries éclatent, notre pays, présent dans ce pays depuis 1975, soutient le régime extrémiste en place au Rwanda en formant ses soldats et en lui livrant des armes. Face à l’horreur, il continue ses livraisons. Il aide aussi les dirigeants rwandais, quand la déroute s’annonce, à s’exiler. 

En ce qui me concerne, cette histoire a fortement marqué mes débuts de journaliste. J’étais en stage au sein de la rédaction de RTL à Paris quand j’ai découvert l’existence du Rwanda en même temps que les massacres qui étaient perpétrés. J’ai recueilli, à ce moment-là, par téléphone, plusieurs témoignages de ce qui était en train de se passer. Une horreur.

Je me souviens de ma sidération face aux événements qu’à travers la voix de mes interlocuteurs, les bruits que je percevais comme des tirs ou des cris, je vivais à la fois à distance mais aussi très, très près. Rien de telle qu’une voix pour prendre conscience de la brutalité des choses. La vie et la mort se côtoyant de près.

Quelques semaines plus tard, de retour dans la rédaction de RTL, après avoir obtenu mon diplôme de journaliste, je côtoie des grands reporters de retour du Rwanda que leur séjour là-bas a rendu particulièrement silencieux tandis qu’à la télé, des files de réfugiés rwandais affluent à Goma au Zaïre (ex RDC) et tombent comme des mouches, conséquence d’une épidémie de choléra. J’apprends que RTL est prête à détacher un de ses journalistes pour travailler dans la radio que Reporters sans frontières a mis en place à Goma pour aider les réfugiés rwandais qui s’entassent dans des camps. J’ai 23 ans et je suis candidate.

Je me souviens d’un déjeuner dans une brasserie parisienne des grands boulevards pour préparer le départ et, déjà cet avertissement : « attention, sur place, RSF passe pour une organisation qui aide les tutsi et peut être pris pour cible ». J’écoute, j’enregistre et je ne comprends pas encore que les camps de Goma ne comptent pas de victimes du génocide. Les camps de Goma sont remplis des bourreaux et de leurs familles.

Deux-jours plus tard, à peine vaccinée et mon sac de couchage sous le bras, je suis sur le tarmac de Roissy et j’embarque dans un cargo Antonov qui participe au pont aérien humanitaire. 

Sur place, je découvre tout : la réalité des camps de réfugiés, les ravages du choléra, l’omniprésence des agences onusiennes, le rôle essentiel d’innombrables ONG internationales, souvent très professionnelles, parfois incompétentes, l’inconséquences des envoyés spéciaux, la dureté des grands reporters du monde entier, la place des militaires internationaux et le rôle incontournable de l’armée française que nous fréquentons pour nous nourrir, nous loger, nous fournir en carburant, etc. 

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Les semaines passent et le malaise grandit. Quand je rentre, le directeur de la rédaction de RTL me sermonne : « alors, vous n’avez rien vu ? ». J’ai l’impression de n’avoir rien compris surtout de Goma et du Rwanda. Des intuitions suffisent-elles ? J’écris malgré tout un papier pour RTL sur les soldats du régime extrémiste que j’ai vus, après leur déroute, en train de reprendre des forces dans les camps de Goma où ils confisquent l’aide internationale et où ils se préparent à reprendre le combat.

Je n’ai pas lu, à cette époque, les articles parus dans le Nouvel Obs et dans l’Humanité qui indiquent que l’armée française a livré des armes à l’aéroport de Goma à destination des troupes gouvernementales.

Les années passent. Je lis tout ce qu’il y a à lire sur le Rwanda. Les reportages et les témoignages. Les livres et les analyses. Je me repasse souvent le film des choses vues à Goma. J’essaie de leur trouver un sens. C’est donc ça, l’humanitaire, aider les bourreaux et oublier les victimes ? C’est donc ça le journalisme, se contenter de relayer la parole officielle ?

J’arrête le journalisme. Je deviens autrice de littérature jeunesse.

À Pâques 2007, aux alentours du 6 avril, je commence l’écriture de « Bienvenue à Goma » qui s’inspire de mon expérience de 1994 et qui paraît l’année suivante. Puis, en 2015, paraît « La mémoire en blanc » que je vois comme une suite, même si les deux romans n’ont ni les mêmes personnages et ni la même histoire.

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Ces deux romans parlent de l’implication française dans ce qui s’est passé au Rwanda en 1994.

Je suis souvent invitée dans des collèges et lycées pour parler de ces livres et raconter ce que j’appelle un chapitre de l’histoire de France.

 

 

Festival du livre jeunesse d'Annemasse, 2010. Intervention à la Festival du Livre jeunesse d'Annemasse, 2010

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En 2012, je commence à penser à l’adaptation au cinéma de « Bienvenue à Goma ». je rencontre des gens, « pitche » mon projet. Mes interlocuteurs français font la moue. S’attaquer à ce genre de sujets, c’est casse-gueule, c’est politique et donc pas très vendeur. Les Européens se montrent plus enthousiastes. Je convaincs, malgré tout, des producteurs, un réalisateur, mais cela ne suffit pas. Neuf ans plus tard, le film n’a toujours pas vu le jour. Trop délicat comme sujet le Rwanda. Difficile de convaincre des diffuseurs que cette histoire qui se passe en Afrique et qui évoque une part sombre de la présence française peut attirer des spectateurs. En pandémie plus que jamais.

C’est, pourtant, en pandémie que vient la lueur. Le rapport d’une commission d’historiens confirme, aujourd’hui, officiellement, ce qu’on disait depuis des années et qui passait pour des sornettes, des exagérations. La presse prétend le sujet complexe. Serions-nous trop bêtes pour comprendre ? La presse aime bien opposer les avis, le pour et le contre. Tant pis si elle se laisse manipuler par ceux qui aiment noyer le poisson. Pourtant, il y a les faits : le gouvernement français savait ce qui se passait au Rwanda depuis 1994 et ça n’a pas empêché certains de ses dirigeants de laisser notre pays jouer un rôle dans le génocide des Tusti au Rwanda. La commission parle d’aveuglement. On peut en douter. Est-ce de l’aveuglement d’avoir toutes les données en main, de ne pas empêcher un génocide et, pire, de continuer à soutenir un gouvernement génocidaire ? Les preuves, les documents sont accablants. 

En tout cas, grâce à ce rapport, je peux maintenant dire aux futurs lecteurs de mon scénario : non, je n’invente rien. C’est la HONTE pour la France. Le rapport le confirme : en 1994, presque cinquante après la fin de la deuxième Guerre mondiale, au plus haut niveau de l’État français, quelques individus, un clan, ont conduit la France à soutenir un gouvernement génocidaire. Certains officiers ont tenté d’alerter le pouvoir et ont été sanctionnés pour l’avoir fait. D’autres, au contraire, ont protégé, en connaissance de cause, des tueurs. 

On ne peut vraiment plus dire qu’on ne savait pas et que les choses sont trop compliquées. 

On ne peut plus prétendre que ceux qui décrivent cette réalité depuis des années, journalistes, écrivains, chercheurs, victimes et tribunaux internationaux exagèrent et juger que le tableau qu’ils dressent ou qui émanent de leur travail est trop simpliste, exagéré, radical.

Puisque des historiens ont maintenant  parlé et que le récit officiel se rapproche de ce que tous ces gens assurent depuis des décennies, sans arrêt contredits par les gardiens d’une certaine vérité, n’est-il pas temps de laisser la fiction raconter l’Histoire de la France au Rwanda ? Raconter ce qui a eu lieu en notre nom, nous les citoyens français. 

 

 

samedi 13 mars 2021

Rencontre au collège avec "La fille des manifs"

La semaine dernière, j'ai télé-rencontré une classe de 4ème du collège Ampère de Lyon dans le cadre du projet "Graines d'écolectures" organisé par la maison de l'environnement de Lyon. 

Cette classe a lu mon livre avec la documentaliste du collège ainsi que les enseignantes de français et de SVT. Ils ont pu aussi travaillé avec des comédiens, interpréter et mettre en scène certaines phrases de mon roman.

J'ai répondu aux nombreuses questions des élèves, garçons et filles, sur l'engagement, l'écriture et la défense de l'environnement. Une rencontre qui a passé très vite ! 

Compte-rendu à découvrir sur le blog de "Graines d'écolectures" :

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mercredi 16 décembre 2020

"La fille des manifs" pour Noël

vendredi 20 novembre 2020

La priorité d'un pays

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Aujourd’hui 20 novembre, journée internationale des Droits de l’enfant.

Janusz Korczak (1878-1942), écrivain et médecin polonais, est l’inventeur de ces droits. Il pensait en effet que seule la loi pouvait protéger les enfants de la toute puissance des adultes.


Ses idées ont inspiré la rédaction de la Convention internationale des Droits de l’enfant en 1989.
Entrée en vigueur le 7 septembre 1990, la Convention internationale des Droits de l’enfant est ratifiée aujourd'hui par tous les pays membres de l'ONU, sauf les États-Unis.

J’ai consacré à Janusz Korczak un livre paru aux éditions Actes Sud junior dans la collection Ceux qui ont dit non dirigée par Murielle Szac.

Plus que jamais les enfants ont besoin d’être protégés.

Je pense aujourd’hui tout particulièrement aux enfants migrants, aux enfants sdf, aux enfants qui grandissent dans la misère, à ceux qui grandissent dans la violence. 

Je pense à tous ceux qu’on n’écoute pas, qu’on n’entend pas, qu’on ne croit pas.

L’enfance et la jeunesse devraient être la priorité d’un pays. Surtout en temps de pandémie. C’est tout le contraire qui se produit.

Le meilleur moyen de lutter contre la délinquance et du terrorisme, c’est de s’occuper vraiment de la jeunesse et de son éducation.

#enfants #jeunesse #droits 
@szacmurielle #actessudjunior#januszkorczak #droitsdelenfant


lundi 19 octobre 2020

Solidarité

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vendredi 16 octobre 2020

"La fille des Manifs" lu en Belgique

Quand tu as le sentiment que ce que tu as écrit a été parfaitement reçu :-)

Merci pour cette lecture l’asbl Réseau IDée - Information et Diffusion en éducation à l’environnement 

https://lnkd.in/df6aAXS

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jeudi 15 octobre 2020

Soirée de restitution

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C'était la soirée de restitution de ma résidence d'écrivaine dans le Jura. Elle marque la fin d'une aventure que je raconte sur mon site Internet.

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mercredi 30 septembre 2020

Résidence dans le Jura, c'est la clôture !

Décidement, ma résidence d'écrivaine dans le Jura, à Tavaux et Damparis, près de Dole, aura été atypique et mouvementée : d'abord retardée par les grèves à la Sncf, elle a été interrompue pour cause de pandémie. Il a fallu s'accrocher. Mais profs et élèves ont tenu bon. Même à distance. Maintenant, c'est bientôt l'heure de la restitution. Prévue en juin, ce moment a été un peu décalé dans le temps. Une rencontre marquera la fin de notre expérience collective la semaine prochaine à la médiathèque de Tavaux. L'occasion d'écouter certains des textes que les collégiens ont écrits dans le cadre d'ateliers d'écriture que j'ai animés sur le thème de la biodiversité, des textes qu'ils ont enregistrés seuls, mais avec mes conseils via Internet. Cette collection d'histoires constituent un podcast intitulé "Mon histoire extraordinaire".  

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vendredi 18 septembre 2020

"Jamais nous ne nous arrêterons"

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Face à l'inaction des gouvernements, les jeunes du monde entier sont de retour dans la rue cette semaine pour réclamer d'avoir une planète vivable. La prochaine journée mondiale d'action pour le climat, la cinquième, c'est vendredi 25 septembre.  Youth for the climate appelle à des rassemblements les 25 et 26 septembre partout en France. Une trentaine de mobilisations sont prévues contre 260 chez nos voisins allemands...

Pour moi, il est évident que Barbara, le personnage de mon roman "La fille des manifs" a prévu de manifester, plus que jamais déterminée à se battre et d'autant plus mobilisée que la pandémie nous montre à tous, s'il le fallait encore, la nécessité de changer notre façon d'habiter la terre. Le confinement, en particulier, nous a rappelé que nous pouvons vivre autrement qu'en étant des consommateurs effrénés dans une société qui génère autant de pollution environnementale que de misère sociale et d'exclusion. 

J'imagine que Barbara a fait sienne la phrase de Greta Thunberg : "Jamais nous ne nous arrêterons".