Zou ! Le blog d'isabelle Collombat

vendredi 2 juillet 2021

Direction l'Afrique

IMG_6986Après l'orang-outan et l'hippocampe, c'est au tour de l'éléphant et de l'autruche de m'avoir inspiré deux nouvelles histoires pour "Bestioles", le podcast pour les 5-7 ans de France Inter en partenariat avec le Muséum national d'histoire naturelle.

À retrouver sur le site et l'application de France Inter ainsi que sur les autres plateformes :-)

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samedi 12 juin 2021

J'aurais aimé rester toujours arrimée aux yeux des enfants

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Partir, c‘est parfois douloureux. Hôtel, inconnus. Tu te déplaces et tu as l'impression d'avoir des pierres dans ton sac. Ton corps se coince. Tu souris pour cacher l'angoisse. La plupart des gens n'y voient que du feu. Escaliers, couloirs. Envie de prendre tout à rebours. Rembobiner le fil. Mais tu es là. Pas question de te défiler. Tu voudrais tant qu'on t'attende et tu n'es pas certaine que ton hôte t'ait vraiment choisie. Peut-être qu'elle a accepté ta venue pour passer le temps. Cela arrive.

Les élèves entrent. Des ados, des grands, ils te dépassent tous. Certains, tu te dis, ont envie de sécher. Toi aussi, tu aurais presqu'envie de te barrer. Il fait si beau dehors. On n'arrête pas de les bassiner avec l'écologie. Autant profiter du présent. S'asseoir au bord du lac. Nager si l'eau n'est pas trop froide.

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Ce matin, un garçon t'a demandé : est-ce que vous avez peur de la catastrophe climatique ? Ce n'est pas la première fois. Mais à chaque fois, tu te demandes si tu vas pouvoir lui répondre, un peu démunie, comme tu l'étais quand tu passais des examens. Tu essaies de ne pas bafouiller parce que tu sens son angoisse à lui. Tu es une adulte et ta responsabilité, c'est de lui donner de la force, pas d'ajouter ton inquiétude à la sienne. Alors, tu te lances. Il écoute. Ils écoutent tous. Tu te souviendras longtemps de son regard posé sur toi et de la façon dont il a incliné la tête après ta réponse. 

Cet après-midi au collège Geneviève Antonioz de Gaulle, rebelote. Une cour de récréation, un CDI. Une prof de français, une prof documentaliste. Sauf que la lumière resplendit partout. Et surtout dans les yeux des gens. Et vient l’éblouissement que tu n'attendais pas. Lumineuse douceur. Tu voudrais la retenir avec les doigts, accrochée, cramponnée à la beauté des choses, des êtres, des lieux.

Parfois, tu te demandes à quoi ça sert d'aller parler de tes livres. Est-ce que tout ça n'est pas faux ? Est-ce que tout ça n'est pas vain ?

Tu le sais pourtant pertinement. Certaines rencontres restent gravées. Elles sont dans certains de tes livres. Comme "La fille des manifs" (Syros).

Et puis il y a ces profs, ces élèves. Leurs regards, leurs questions, leurs façon d'écouter.

Jeudi, j'aurais aimé rester toujours arrimée aux yeux des enfants, plus vraiment des enfants, qui m’écoutaient, qui me parlaient de mon livre « la fille des manifs » et de tous les livres.

C’était trop court. Et miraculeux. 

À la fin, on se regardait. Il fallait se quitter. Il fallait se saluer. Ça avait sonné. Mais personne ne bougeait.

Je les ai remerciés. 

Pourquoi ne leur ai-je pas dit que « La fille des manifs » était parmi eux, longeant le lac, observant les montagnes ?

 

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L'histoire d'une fille qui intéresse aussi les garçons

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Au lycée technique Paul Béchet de Cluses, il n'y avait devant moi que des garçons, des élèves de 3ème Prépa métiers, pour parler de "La fille des manifs" (Syros). Et j'avoue qu'en arrivant, je me suis demandé si j'allais avoir beaucoup de questions de leur part. Et bien, ils m'ont surprise. D'abord, parce qu'ils avaient lu mon livre en classe avec leur prof de français, Laurence Cavarec et la prof documentaliste de l'établissement, Alexandra Vindret. Cela change beaucoup de choses quand les ados qu'on a en face de soi arrivent en sachant pourquoi ils se retrouvent devant une autrice. Ensuite parce que je les ai trouvés à l'écoute de ce que j'avais à leur répondre sur l'écologie, l'engagement, le féminisme ou la violence, des thèmes que j'aborde dans mon livre. J'ai passé avec eux un très beau moment.

Vous trouverez ici l'article qu'ont écrit les deux professeures sur le site du collège.

 

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Rencontre magique à la résidence Louis Rouge

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C'est une résidence qui accueille des adultes handicapés, la résidence Louis Rouge à Cluses (Haute-Savoie). On s'est installés sur la terrasse, sous un soleil magnifique et on a commencé à faire connaissance. Ils se sont présentés. Ils étaient tous très différents. Puis très vite, on s'est aperçus que ce n'était pas un hasard si nous nous rencontrions, eux et moi : ils fabriquent des produits ecoresponsables comme des lingettes, de la lessive, des serviettes de table ou des emballages écolo et moi j'écris des livres qui parlent d'écologie, d'environnement, d'engagement.

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Je leur ai raconté Rachel Carson, pourquoi j'avais eu envie d'écrire un livre sur elle : Rachel Carson : "Non à la destruction de la nature" (Actes Sud Junior). Livre dont leur éducatrice, Hélèna, leur a lu des extraits. Puis, nous avons parlé, en particulier, du fait d'écrire. Ils étaient plusieurs à écrire. Souvent parce qu'écrire soulage, allège, défoule, calme.

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J'ignore si ma venue leur a apporté quelque chose. En tout cas, à moi, elle a donné des ailes. J'ai beaucoup aimé rencontrer les résidents de Louis Rouge : Ramy, Michel, Jérémie, Véronique, Ludovic, Eric et les éducatrices Héléna et Maurine. Je suis très reconnaissante à Stéphanie Vargas de la médiathèque de Cluses d'avoir eu l'idée de cette rencontre et à Héléna de m'avoir accueillie !

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Des slogans pour le climat en italien

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Cette semaine, à Cluses, en Haute-Savoie, j'ai rencontré des collégiens de 5ème pour un échange autour de "La fille des manifs" (Syros). Ils m'ont accueillie avec des pancartes et des slogans comme si nous étions à une manifestation des jeunes pour le climat. Ils les avaient écrits en italien puisqu'ils avaient préparé notre rencontre avec leur prof de français, la prof documentaliste et la prof d'italien aussi.

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Ils n'avaient eux-même jamais défilé et se demandait si, pour écrire sur le sujet, il fallait soi-même avoir participé à beaucoup de manifestations. J'ai tenté de leur expliquer que ce que recouvrait, pour moi, l'écologie, comment chacun, à notre niveau, nous pouvions mettre nos pensées et nos actes en cohérence. Puis j'ai répondu à leurs questions sur mon métier d'écrivaine.

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mercredi 2 juin 2021

Les fantastiques ados de Gonesse

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J'y suis allée curiseuse et craintive. J'avais très envie d'aller à ces rencontres, de faire cet atelier d'écriture dans une classe de l'institut d'éducation motrice Madeleine Fockenberghe de Gonesse. Je savais quels types de handicaps les élèves que j'allais rencontrer avaient. Cet établissement accueille des enfants en situation de handicap moteur, infirmes moteurs cérébraux, polyhandicapés, handicapés physiques avec ou sans troubles associés (déficiences cognitives et/ou sensorielles). Cela peut paraître étrange, mais je ne me suis pas dit : "tiens, je vais faire un atelier d'écriture avec des ados qui n'écrivent pas, qui ne parlent pas, comment est-ce possible ?" Je n'ai pas pensé que cela serait compliqué.

J'avais été contactée pour faire cet atelier parce que j'ai écrit un livre documentaire intitulé "Des héros pour la terre". Une trentaine de portraits de gens ordinaires engagés dans un combat pour l'environnement. Tous les êtres humains que j'ai rencontrés dans cet institut me semblent d'une certaine manière héroïques. Les adultes comme les enfants. Il y a des gestes, des mots qui ne trompent pas.

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Chacun de ces jeunes a un parcours de vie extrêmement dur, très cahotique. Je redoutais surtout d'être submergée par mes émotions et cela, ce n'était pas possible, pas acceptable, pas envisageable. Mais, une fois sur place, ma crainte s'est envolée. J'ai mené mon atelier avec eux, avec Nathalie, leur enseignante, leur "maîtresse" comme ils l'appellent, et avec Camille, la personne qui est là aussi pour les aider.

Les choses se sont passées naturellement. Je peux même dire maintenant comme avec n'importe quel autre enfant. En face de moi, je n'ai vu que des ados, pas des personnes en situation de handicap. Des ados pour qui dire ce qui est en soi est compliqué. Mais ça, ça l'est pour n'importe qui. Le défi est à chaque fois le même pour soi, pour nous tous : comment trouver les mots pour exprimer les images dans la tête, pour dire ce qui frappe, ce qui brûle, ce qui vibre, ce qui scintille aussi ?

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À un moment, j'ai douté. Pas d'eux. De moi. Cela m’arrive toujours au cours d’un atelier d’écriture. La sensation de ne pas me faire comprendre. L’impression de ne pas réussir à partager ce qui m’anime. Donner envie d’écrire, mais comment ?

Puis Junior s’est lancé. Junior ne parle pas. Il est hémiplégique. Enfant, il ne l’était pas. Il écrit d’habitude avec un portable. Là il a pris un stylo. Et les mots qu’il a alignés étaient trop beaux. Puis Céline aussi a fini par s’y mettre. Nevithan aussi. Et Youssef s’est décidé. Pour Fanta, dans son fauteuil, c’était plus compliqué. Mais grâce à Nathalie, on est arrivées à faire émerger de jolies images avec des mots.

Je repars émerveillée. Au terme de ces rencontres, chaque ado a écrit un texte qui dit les lieux et les gens qu’il aime. Un texte qui accompagnera l’œuvre artIstique qu’il a réalisée avec une art-thérapeute et qui sera présentée dans le cadre d'une exposition. 

Je me dis que si les arts plastiques sont essentiels pour eux, les mots le sont aussi. Comme pour n'importe qui. Pour s'apaiser, se comprendre, pour la beauté tout simplement.

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mercredi 12 mai 2021

Rachel Carson : "Non à la destruction de la nature"

J’ai une tendresse particulière pour ce petit « dernier » qui paraît aujourd’hui en librairie : « Rachel Carson : « Non à la destruction de la nature ». 
Publié par Actes Sud Junior dans la collection ceux qui ont dit non.

J‘ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans la vie et les écrits de Rachel Carson, une femme extraordinaire. Aussi intelligente et passionnée que sensible et obstinée. Humaine envers et contre tout. 
La première lanceuse d’alerte de l’écologie à dénoncé en 1962 les effets sur l’environnement et la santé d’un usage intempestif des pesticides dans un livre, „Printemps silencieux“ qui changea le monde d’une certaine façon. 

Rachel Carson est un exemple pour toutes les femmes et les hommes aussi. 

Merci à @szacmurielle la directrice de cette collection qui m’a fait confiance. Merci à mon mari et à mes enfants toujours là pour m’aider et m’encourager. 
Un merci spécial pour ce petit film à @juliettecollombat la talentueuse ✨ et à Victor pour sa musique 🐳



#rachelcarson #nature #ecologie#silentspring #ceuxquiontditnon#litteraturejeunesse #instabook#instalivre

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mercredi 5 mai 2021

Écrire, c'est mon métier

Cadre type (12) Charte

Mon métier, c'est d'écrire des romans, des nouvelles, des documentaires, des scénarios de film ou de Bd...
Créer est un métier. C'est mon métier.
Je veux choisir mes représentants et participer aux décisions sociales et fiscales qui me concernent. 
La Charte des auteurs et des illustrateurs pour la jeunesse
#creerestunmetier

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mardi 4 mai 2021

Quand des collégiens de 3ème se plongent dans "Bienvenue à Goma" et "La mémoire en blanc"

 

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Un après-midi au collège Louis Dumont de Bellegarde-sur-Valserine, au pied des montagnes, tout près de la Suisse, à 40 kilomètres de Genève. Des collégiens de 3ème, la 3ème Simone Veil, ils arrivent, le dos droit, fiers, debout. Ils me dépassent tous d’une ou deux têtes. Ils ont mis en voix un poème de Primo Levi que je cite à la fin de mon roman, « Bienvenue à Goma », paru en 2008 aux éditions du Rouergue : « Noubliez pas que cela fut, Non, ne l’oubliez pas ». C’est impressionnant de les entendre tous ensemble, en choeur, puis tout à coup, séparément. Une seul voix retentit, puis deux et, à nouveau, tous, ils s'époumonnent. Ils sont magnifique, émouvants. Savent-ils à quel point je suis sensible aux voix ?

« On voulait qu’ils te donnent quelque chose avant de commencer la rencontre », m’explique Claire, la prof de français. Claire n'imagine pas à quel point ça me comble. Quatre mois qu'elle travaille en cours de français et au CDI avec ses élèves de troisième sur mes deux romans qui évoquent le génocide des Tutsi au Rwanda, « Bienvenue à Goma"  et « La mémoire en blanc ». Elle m’avoue une préférence pour le second quand ses 3èmes ont mis en avant le premier. Je me sens particulièrement honorée par son engagement et son enthousiasme.

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Avec sa collègue documentaliste Mélanie, cela fait deux ans qu’elles tentent, toutes les deux, de me faire venir dans leur établissement. D'abord, il a fallu trouver des financements puis organiser un planning. On avait fini par se mettre d'accord. Mais, l’an dernier, le COVID m’a empêchée de venir rencontrer leurs élèves de 3ème, la 3ème Churchill, qui, m’a-t-elle dit, avait beaucoup aimé mes livres et s’étaient beaucoup investis. Certains avaient été profondément bousculés, ébranlés. J’avais d’ailleurs reçu des dessins et des poèmes qui en témoignaient.

Cette fois, ils ont écrit des textes et dessiné, rédigé des autoportraits et fabriqué d’autres couvertures pour mes livres. Je le vois à leurs yeux, même si les masques cachent leurs visages, ils écoutent avec attention les réponses à mes questions. Outre le génocide des Tutsi, on parle du journalisme et de mes personnages, de la liberté de la presse et de mes choix de narration.

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À la fin, ils sont nombreux à se faire dédicacer un de mes livres. Je regrette de ne pas pouvoir écrire une dédicace personnalisée pour chacun. Le temps a filé, l’après-midi est fini.

Ma tribune pour "Agir pour le Vivant"

Dans le cadre de « Agir pour le vivant », Actes Sud Junior m’a invitée à écrire une tribune.

 

Des figures, des combats : l’écologie racontée aux ados

 

Certains collégiens et lycéens que je rencontre autour de mes livres en ont parfois assez qu’on vienne leur parler de biodiversité ou d’environnement saccagé. Abreuvés de messages moralisateurs sur le même thème : « Notre planète est menacée, il faut la protéger ». Matraqués depuis toujours par un discours souvent purement abstrait sur « le péril écologique » qui se confond avec des slogans publicitaires mensongers.

 

Pourtant, c’est bien d’écologie dont je viens désormais parler aux adolescents dans leurs classes. Je leur raconte, avant tout, des histoires. Celles d’hommes et de femmes qui ont, malgré les dangers et les risques, consacré tout ou partie de leur existence à la défense de l’environnement. Parmi eux, le syndicaliste brésilien Chico Mendes et la biologiste américaine Rachel Carson. A priori, deux figures très différentes. L’un, avant d’être assassiné en 1988, se bat contre les tronçonneuses des riches propriétaires terriens en organisant des manifestations pacifiques. La seconde, écrivaine à succès, décrit, dans son livre paru en 1962, « Printemps silencieux, les conséquences désastreuses d’un usage intensif des pesticides. 

 

Chico Mendes et Rachel Carson ont plus d’un point commun. D’abord, ils ne se contentent pas d’alerter, de dénoncer mais tentent, chacun à leur façon, d’agir pour changer le cours des choses. Ils s’efforcent de  modifier les lois, qui structurent l’économie et la société. Ensuite, ils ont, tous les deux, été élevés dans des familles pauvres. Chico Mendes est le fils d’un ouvrier du caoutchouc de la forêt amazonienne, obligé de travailler dès 9 ans, ce qui ne l’empêche pas de s’indigner d’une existence à la merci de propriétaires terriens qui exploitent son père, la forêt et ses habitants, pour leur unique profit, en les piétinant. En Pennsylvanie, Rachel Carson, elle, ne connait pas une telle misère. Si sa mère lui apprend très tôt à aimer les livres et à observer la nature, elle a bien conscience, cependant, que ses parents consentent à d’énormes sacrifices pour lui permettre d’étudier. La mort de son père l’empêche d’achever son doctorat en biologie : elle doit aller travailler pour faire vivre sa famille. 

Au-delà de cette précarité économique, Rachel Carson et Chico Mendes ont su, devenus adultes, garder intacts l’émerveillement, la joie et l’indignation de l’enfance, carburant indispensables de la lutte pour le vivant. C’est cela que je tente de transmettre dans mes livres.

 

Raconter l’itinéraire d’individus qui se sont engagés contre la destruction de la nature, c’est, pour moi, une façon de montrer aux adolescents que la défense de l’environnement n’appartient à personne. D’où qu’ils viennent, ils peuvent s’inscrire dans cette histoire et se sentir concernés, conscients que ce qui est en jeu, dans ce combat qui dépasse les pays, les sexes et les cultures, c’est notre nature même d’êtres humains. 

 

Le récit de ces existences me permet de leur montrer que l’écologie n’existe pas indépendamment du reste de la société, de l’économie ou de la politique comme l’illustre d’ailleurs la pandémie du coronavirus. Défendre la nature, loin du « green washing », c’est forcément remettre en question la façon qu’ont les êtres humains de s’organiser et de vivre ensemble, c’est dénoncer un système économique mortifère et des inégalités sociales insupportables, tout une chaîne de dominations qui doit être abolie. Décrire cette réalité, c’est donner des perspectives et un horizon aux adolescents, des armes pour affronter le monde tel qu’il est, car les combats de Rachel Carson et de Chico Mendes sont toujours actuels. 

 

Cette chronique est aussi à lire sur le site de Libération 

Des figures, des combats... L'écologie racontée aux ados

Certains collégiens et lycéens que je rencontre autour de mes livres en ont parfois assez qu'on vienne leur parler de biodiversité ou d'environnement saccagé. Abreuvés de messages moralisateurs sur le même thème : "Notre planète est menacée, il faut la protéger."

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